Espoir et Crainte

Il n’y a pas d’espoir sans crainte

Sans inquiétude en souterrain

La crainte rend la joie prudente

Et l’espoir vibre en attendant.

Désire–t-on changer les dates

Accélérer les agendas

Il n’y a pas d’espoir sans crainte

Sans inquiétude en souterrain.

Dans l’espérance on sent le doute

Moins violent qu’elle, et même doux

Que l’avenir parle sans cris

Ou langue neuve et non écrite

Il n’y a pas d’espoir sans crainte.

L’espoir se lève au fond des craintes

Il atténue plainte et chagrin

Rend l’affliction moins imprudente

Chez qui se croit perdu perdant.

Il attend le report des dates

Qui nous soucient dans l’agenda

L’espoir se lève au fond des craintes

Il atténue plainte et chagrin.

Dans la tristesse on voit le doute

Recommander qu’un ton plus doux

S’exprime en mots non pas en cris

La fin n’est pas d’avance écrite

L’espoir se lève au fond des craintes

La Pluie et sa douce musique

Sous la musique de la pluie

La rime coule de source

S’égoutte mot à mot

Dans la bouche du poème.

Nous y buvons le verbe

Dans le calice du jour

Nous y noyons nos larmes

Dans les draps de la nuit.

Nous avons pour la pluie

Cette douce tendresse

Qui nous berce

Depuis l’enfance.

Nous avons pour la pluie

Ces regrets de l’ombre

Qui déjà nous ramènent

Au bord de nous-mêmes.

Petit bonheur

Et si un jour, je savais

Te retenir près de moi

Et, si un jour, je pouvais

Te serrer tout contre moi.

Toi, petit bonheur.

Un jour, je te raconte

Viens, viens à côté de moi

Un jour, pour que je chante

Un refrain, rien que pour toi

Pour toi, petit bonheur.

En un instant tu es là

Tout près de moi

Puis un jour, tu es là-bas,

Je veux être avec toi

Toi, mon petit bonheur.

Je demande Pouce !

Entre le Temps et moi

Un pacte,

Avant l’incendie de l’âme

Qu’aucune heure n’éteindra celui de s’aimer

Malgré la trahison des rides à la cène de l’insouciance

Malgré la proximité de la mort, sa présence aride

Si perceptible sur mon corps

Je demande au Temps : Pouce !

Afin de vivre encore des jours heureux.

Le Temps

Dans le temps

On avait le temps de prendre son temps

Le temps de de grandir,

Le temps de marcher, le temps de courir

Le temps de prier et de réfléchir,

Le temps de conter tant de souvenir

Le temps de chanter, le temps de vieillir

Le temps d’aimer et de mourir.

A présent,

L’homme tout le temps

Court après le temps

Il n’a plus le temps de perdre son temps

Et pourtant

Il arrive un temps ou la mort l’attend.

Le temps

Est trop lent pour ceux

Qui attendent

Trop rapide pour ceux qui ont peur

Trop long pour ceux qui souffrent

Trop court pour ceux qui célèbrent

Mais pour ceux qui aiment, le temps est éternel.

Le Temps passe

Et chaque fois qu’il y a du temps qui passe,

Il y a quelque chose qui s’efface.

Le temps qui passe

Et les années qui s’effacent

Le temps qui passe

Et nous laisse seuls devant la glace

Les rides au bord des yeux.

Et dans nos cœurs nos souvenirs

Le temps passe silencieux

D’un avenir que l’on ne peut définir

Il passera le temps

*Il volera notre jeunesse

Il volera notre vigueur d’antan

A l’affût de la moindre faiblesse.