Je m’amuse

Devant moi, trois coquetiers

Dans les trois coquetiers

Trois œufs bien droits posés !

Photo de Monica Turlui sur Pexels.com

Celui-là est en bois :

Je n’y goûterai pas !

Mais il est doux contre ma joue.

Celui-là est ouvert….

Toc-toc-toc, c’est l’œuf coque

Que je mange à la petite cuiller

Celui-là est en chocolat :

C’est l’oeuf que je préfère

Je le garde pour mon dessert.

Tristes pensées de ceux qui partent

Il a vécu et il n’est plus.

Larmes fausses… vraies…pensées émues…

Chapitre clos. Testament lu.

Il a vécu.

Une vie durant…, fortune aidant

Il amassa amoureusement

Choses, objets choisis longuement

Une vie durant.

En sa demeure moult valeurs

S’harmonisait avec bonheur

Y pénétrer était honneur,

En sa demeure.

Devint féroce et pire qu’un gosse

Et comme chien défendant son os

Il soupçonna le temps, les gens

Devint féroce.

Son coeur saignait comme bafoué

En chaque objet, pour chaque trace

Pour chaque griffe, pour chaque casse

Son coeur saignait

Chapitre clos, chapitre ouvert

Ce fut un tremblement de terre

Car dès qu’il reposa sous terre

Chapitre ouvert.

Révolution dans la maison

Les choses perdent leur place et nom

L’inutile va au pilon

Révolution.

Durs traitement sont infligés

Aux objets qu’il a vénérés

Objets qu’on s’arrache pourtant

Durs traitements

Il a vécu et il n’est plus

Dans ses cauchemards a-t-il prévu ?

A-t-il tremblé ? et qu’a-t-il su?

Ou deviné ?

Aux quatre ventssont dispersées

Tant de valeurs accumulées

Pour être à nouveau adorées

Par inconnus aux quatres vents.

L’Oiseau, l’humain, Finalité

Toi qui dis : « Loiseau chante pour fêter le soleil… »

Toi qui dis :  » L’oiseau chante pour me charmer l’oreille… »

Ce qui te semble chant

Est pourtant un cri de guerre

Cri de propriétaire

Et avertissement.

Crois-tu que les espèces

jusqu’au profond des mers

s’entre-dévorent en liesse

Sans souffrance de chair ?

Immense sélection

Où tout se perpétue

qu’à travers ton lorgnon

Tu admires, tant et plus !

Gigantesque équilibre !

Il te remplit d’émoi….

Et quand ton être vibre

A voir autour de toi

Tous genres, grands et menus

Nés pour s’entre-bouffer

Homme, tu te sens l’élu

Pour qui tout ça est fait !

Soleil couchant

Pourquoi on aime regarder le soleil qui se couche ?

Sur un lac doré, derrière une montagne

Ou sur une plage déserte

Cette boule de feu plongeant doucement dans la mer lointaine.

Le soleil qui se lève, c’est l’expectation, le début

Mais les débuts sont vides, nous les comprenons

Les débuts sont là pour donner du sens au mot Fin

Nous sommes toujours fascinés par ce mot Fin

Même si ce ne sont que de faux Fins

Coimme la fin d’un voyage ou d’un film

On sait bien qu’à la fin d’un film, l’histoire continue après

Il faut juste l’écrire.

Le soleil qui se couche le soir

Nous ramène chaque fois vers cette fascination de la FIN

La fin de la journée ou la fin sans FIN ?

Regarder le soleil qui se couche nous aide à mieux comprendre

Que nous ne comprenons rien de la Fin,

Car à la FIN Il y a …. DIEU

Maintenant tu regrettes

Tu vois,

les jours sont passés

Quels beaux jours c’étaient !

Mais tu l’ignorait

Tu vois

Bien qu’à ta portée

Tu l’as laissé là

Car tu ne savais

Ce jour-là s’offrait

Fallait l’écouter

Et quas-tu fait ?

Tu restas muet

Et terne d’aspect

Comme tant de journées.

Tu vois.

Fallait l’inviter

Faillait le bercer

Et t’y réchauffer.

Tu vois

Fallait t’y lover

Et t’en imprégner

Il t’appartenait.

Tu vois.

Tu t’en est allé

Et trop tard tu sais

Qu’il t’ ensoleillait

Tu vois.

Le temps est passé

Et tu regrettes

Quels beaux jours c’étaient…

DESTIN

L’homme est né de la terre

à la terre s’en retourne

et redevient poussière

Ainsi les choses tournent.

Or, pour son plus grand bien

la nature a prévu

qu’avant de n’être plus

gris-poussière l’homme devint

.

Car si l’heureux destin

lui prête longue vie,

tout en l’homme devient gris

cheveu, poil, oeil et teint.

Ainsi, du grand passage

s’amoindrit le dommage

C’est douce préparation

qu’on la camoufle ou non

.

Et grisâtres mouvements

et grisâtres pensées

et grisâtres vêtements

déja l’ont imprégné

.

Dans cette brume uniforme

tous les vieux ont même forme

Comme antiques tapisseries

tournant toutes au même gris.

Ainsi, du grand passage

s’amoindrit le dommage