Marie , Mère des homme !

Je veux vivre seule avec Toi

Les jours de la vie âpre et douce

Dans l’assurance de la Foi

Jusqu’à la suprême secousse.

Je me suis fait une raison

De me plier à la mesure

Du petit cercle d’horizon

Qu’un coin de ciel natal azure.

Mon rêve n’ai jamais quitté

Le cloître obscur de la demeure

Où, dans le devoir, j’ai gouté

Toute la paix intérieure.

Et mon amour le plus pieux

Et ma fête la plus fleurie

Est d’avoir toujours sous les yeux

Ton visage ô Marie

Toi intime de ma foi

Dans une immuable assurance

Je veux vivre encore avec toi

Jusqu’au soir de mon espérance.

Face au miroir

Il faut avoir le courage de se faire face

De regarder son âme dans cette glace

Au travers de ses fissures et blessures

De ses brisures et de toutes ses ratures.

Il faut trouver le courage de se faire face

Tous les jours oeuvrer, demeurer coriace

Chercher un moyen de relever le regard

Se relever et avancer, sans rester hagard.

Il faut avoir le courage de se faire face

Malgré ses échecs et ses disgrâces

Essayer d’oblitérer son abjecte lâcheté

Agir, réagir et ne jamais laisser tomber.

Il faut trouver le courage de se faire face

De se pardonner ses mauvaises passes

Ses fautes monumentales et ses erreurs

Avec bienveillance, patience et sans peur.

Le courage est une bataille quotidienne

Il n’est jamais acquis, et ainsi se construit

En nous modelant, : à chaque jour sa peine

A chaque détour, le coeur se révèle et éblouit.

Le Change

Le paraître, le mal-être, tout se mélange

Sous le masque, le souvenir, la blessure

Face aux autres, le sourire, la démesure.

Cacher cette fragilité, cacher cet abime

Derrière la rancoeur, l’incompréhension

Derrière la tristesse, la faute, la passion.

Les peut-être, les si, rien n’est clair

Face au rêve, la lâcheté, l’immaturité

Sur le coeur, la cicatrice, marqué à jamais.

Marcher dignement,donner le change

Comme si le coeur s’en étais bien remis

Comme si les souvenirs s’étaient soumis.

Les mots, les choses, qui n’ont été dites

Face au miroir, essayer de comprendre

Dans son esprit, meubler les silences.

Se livrer completement

S’en aller, fuir face au rejet

S’aimer, se blesser, s’éloigner, se perdre.

L’esprit essaie de raisonner le coeur

La raison essaie d’arraisonner la pensée

L’amour lui n’en a que faire , il déborde

En vase clos de l’un en l’autre

Et de l’autre au plus profond de soi

Vers cette âme en peine.

Jardin secret

Dans mon jardin secret

Je cultive

Des poèmes

Des peines de coeur

Jamais avouées

Dans mon jardin secret

Vivent les prénoms

Ceux que j’ai aimés

Sans leur dire

Ils hantent mon âme

Accompagnent mes insomnies

Mes songes

Dans mon jardin secret

Je récolte

Parfois

Quelques sourires

Des regards

Quelques câlins

Dans mon jardin secret

Je rêve

D’amitié

D’amour

De vers et de mots

Dans mon jardin secret

Sont

Des rêves perdus

Des amours sans espors

Des poèmes jamais finis

Et l’ennui.

Amour, Amitié, Quotidien, Pardon

A ces mots parfois enivrants

Qui sont le chant de nos pensées

Et le pont vers nos sentiments

Mais peuvent aussi bien nous blesser.

A ces images que l’on capture

Instants dévoilant d’autres vies

D’autres lieux et d’autres allures

Qui deviennent un peu nous aussi.

A ces pensées qui nous travaillent

Lorsque la route étale nos pas

Pour que les fils de nos mailles

S’étirent et tissent leur ouvrage.

A ces heures creuses et ces heures pleines

Au temps qui devient ce qu’il est

La contemplation n’est pas veine

Puisqu’elle nous pousse à créer.

A ces interactions faussées

Incompréhensions mutuelles

A ces tentatives effrontées

De voir toujours au-delà d’elles.

A ces plaisirs du quotidien

A ces surprises qui font sourire

A ces petites choses que tu fais

Et que ne saurais décrire.

Spectatrice

J’observe la scène de la vie

Où des personnages surgissent

Dans les moments de joie ou de dépit

Où le rêve devient illusion et meurt avec mépris

Où le mensonge devient vrai et la vérité au fond du puits.

Mais qui suis-je dans ce monde plein d’acteurs?

Où chacun monte sur l’estrade

Joue son rôle comme ses prédécesseurs

Qui suis-je quand moi-même j’ai un rôle dans cette scène ?

J’observe, je souffre

Mais j’applaudis tous ces mensonges réels

Que serait le monde s’il n’était pas une fiction

Si ces scènes étaient bien réelles et faites avec passion

Je jure devant Dieu que j’assisterais tous les jours

Je serai l’héroïne de la gaité

De la confiance et de l’amour

J’applaudirais jusqu’à ne plus en pouvoir

Et j’appellerais les âmes chagrinées pour venir la voir

Mais hélas la scène de la vie demeure la même

Et je demeure aux premières loges

Avec ou sans mes applaidissements le rideau s’ouvre et se ferme.

Mes Yeux

Yeux qui ont tout vécu

Que peuvent-tils encore voir ?

Qui saurait retenir

L’ombre de mon regard ?

Yeux fatigués de lire

Le monde qui les entoure

Qui l’ont vu défiler

Et n’ont pas pu s’enfuir.

Yeux vieillis qu’on rallume

Au son des battements

Des battements du coeur

De la tête à la plume

Yeux qui brillent soudain

Rappelant le passé

Retrouvant au présent

Leur éclat incertain.

La Fête de tous les Saints

Au temps de la Toussaint, lorsque les cimetières

S’ornent de fleurs et de lumières

Ils donnent à la mort comme un air de gaieté

Et qu’ainsi, embellis d’éphémères bouquets

.

Lorsqu’auprès des caveaux, des tombes familiales

Joliment imprégnés de clartés autommales

L’on revient, chaque année, prier, se recueillir

Je sens de grands remords m’étreindre et m’envahir.

Quelque part vous attendez, en un lieu insolite

Esseulés, loin des vôtres sans jamais de visite

Et pour le souvenir, vous qui aimiez les fleurs

Voyez vous, je n’ai rien d’autre à offrir que mes pleurs.

Décousu est l’horizon

Pour ceux qui étaient là et un jour ne sont plus

Qui traverse la voie, l’horizon est décousu

Ils passent dans nos vies, semblent s’en accorder

Puis disparaissent sans bruit, la corde dénouée.

Pour les liens que l’on crée et que l’on croit solides

Où chaque noeud tissé repose dans le vide

A ces pierres déposées pour fonder les parcours

Que l’on construit ensemble et qui s’boulent un jour.

Rien ne dure, ne sera, pareil à maintenant

Rien n’est plus dur à vivre que l’impermanent

Pourtant c’est le constat un peu cru et amer

Qui nous offre à l’instant et en soi nous libère.

Jeanne Glaude

Découragée tu es !

Ils me l’on dit ! Connaissent-ils mon âme

Pour lui vouer sympathie ou dédain ?

Non,, je le sens, la louange ou le blâme

Tombe au Hazard sur un fantôme vain

Ah ! si mes chants ont brigué leur estime

C’est que la mienne a passé mes efforts

Car mon talent n’est qu’une lutte intime

D’ardents pensers et de frêles accords.

Bruits caressants d’une foule empressée

Oh ! que mon coeur vous compterait pour rien

Si je pouvais, seule avec ma pensée

Me dire un jour : Ce que j’ai fait est bien !

Un jour, un seul ! pour jeter sur ces pages

Pour, à mon gré, répandre dans mes vers

Ce que je vois de brillantes images

Ce que j’entends d’ineffables concert !

Un jour, un seul, mais non, pas même une heure !

Pour m’épancher, pas un mot, pas un son

L’esprit captif qui dans mon sein demeure

Bat vainement les murs de sa prison.

Ainsi s’accroit la flamme inaperçue

D’un incendie en secret allumé

Lorsqu’au dehors elle s’ouvre une issue.

C’est qu’au dedans elle a tout consumé.

Si vous deviez aux voûtes éternelles

Dès le berceau fixer mes faibles yeux

Pourquoi, mon Dieu, me refuser ces ailes

Qui d’un essor me porterai dans vos cieux ?

Moi qui du monde aisément détachée

Aspire à fuir les chaines d’ici-bas

Dois-je glaner, vers la terre penchée

Ce peu d’épis répandus sous mes pas ?

Faut-il quêter dans la moisson commune

Mon lot chétif de peine et de plaisirs

Quand il n’est point de si haute fortune

Que de bien loin ne passent mes désirs !

Puis, qu’après moi rien de moi ne demeure !

Penser ! souffrir ! sans qu’il en reste rien

Sans imposer, avant que je ne meure

A d’autres coeurs les battements du mien !

Sons enchantés qu’entend ma seule oreille

Divins aspects, rêves où je me plus

Vous, qui m’ouvrez un monde de merveille

Où serez-vous quand je ne serai plus ?