Ma Consolation

Quand le Dieu juste, attendri par mes larmes

De mon cœur oppressé soulève un peu sa main

Et, donnant quelque trêve à mes longues alarmes

Laisse tarir mes yeux et respirer mon sein.

Mon cœur revient à Dieu, plus docile et plus tendre

Et de ses châtiments perdant le souvenir

Comme un enfant soumis n’ose lui faire entendre

Qu’un murmure amoureux pour se plaindre et bénir !

Poème de Paul Verlaine

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l’heure

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure

Et je m’en vais

Au vent mauvais

Qui m’emporte

Deçà, delà

pareil à la

Feuille morte.

Qu’il est beau ce poème !

J’ai épuisé ma plume

Jusqu’au bout de moi

Jusqu’à plus rien

La gorge pleine de roches

Ma voix s’étrangle

Mes mains deviennent muettes

Je m’égare dans mes silences

J’erre dans des ailleurs

Habite des espaces

Qui ne m’appartiennent pas

J’incarne des chairs inconnues

Respire une autre vie

Me perds dans de nouveaux visages

Je meurs et part une fois de plus