Faut-il courir ?

Avec quelle vitesse passent nos beaux jours !

Nous ne reverrons plus les heureuses années

Que le mobile temps dans son rapide cours

Hélas ,a si loin entrainées !

Adieu, temps qui n’est plus ! les âpres aquilons

Ont poussé nos amis dans l’abîme des mondes

Nous tomberons comme eux sans laisser de sillons

Dans les vagues profondes !

La mort enlève les grands dans leurs palais

Et le pauvre endormi, calme dans sa chaumière

Pour former de tous deux, un limons, un engrais

Dans le fond de leur bière.

Nos corps sont ici-bas destinés à périr

La main qui les cré leur assigne leur terme

Et petit à petit le ver vient se nourrir

De notre dernier germe !

Emportés tour à tour comme des voyageurs

Nous nous retrouverons dans une autre patrie

Pour revivre immortels au milieu des splendeurs

De l’éternelle vie !

Se faire aimer

Si tu veux qu’on t’aime

Reste toujours sans apparat

Et garde la candeur suprême

Dont la nature te para.

Si tu veux qu’on t’aime

Ne te mêle point au moqueur

Il pervertit la vertu même

Il nous changerait ton cœur

.Si tu veux qu’on t’aime

Sois pour tous comme une sœur

On récolte ce que l’on sème :

Sème la joie et la douceur.

Si tu veux qu’on t’aime

Du plus tendre et fidèle amour

Ô chère amie, reste la même :

Fidèle, tendre et sans détour !