Les Cloches sont en voyage, mais reviendront !

Les cloches sont parties

Les grosses cloches les premières

Où les petites, que sait-on ? si diverties

Si pimpantes de s’en aller toutes légères !

Leur jupe bouffe autour d’elles

Et le battant ne dit rien

Comme un oiseau blotti dans une cage.

Elles volent sans ailes

Par des chemins à elles, très anciens

Des chemins bleus au dessus des nuages.

Les gros bourdons, parfois devant, parfois derrière

S’essoufflent à vouloir montrer qu’elles vont vite.

Et les petites cloches des couvents

Ou des églises de campagnes, si petites

Qu’elles semblent des gobelets d’enfants, si fières

D’aller quand même à Rome sont devant

Derrière, et partout à la fois, toutes légères.

Les enfants regardent en l’air, criant Bonjour !

Les gens d’âge lèvent aussi la tète

Mais ne les voient plus de leur yeux clignotants.

Et les enfants attendent leur retour

Comme une grande fête

Les gens d’âge attendent aussi, comme on attend

Quand on n’est plus bien sûr de croire aux œufs de Pâques…

Cependant, il faut croire aux miracles, toujours.

Resonnez les Matines, frère Jacques !

Je verrais les cloches reparaîtrent, se hâtant…

De leur jupes, sur les jardins, glisse autour d’elles

Tout le printemps de Rome, et de chaque battant

S’échapper , des alléluias, deux hirondelles

A l’approche de Pâques

Mon âme est pleine de cloches

Mon âme est pleine d’oiseaux

Je vois au miroir des eaux

Trembler les étoiles proches.

Mon âme est pleine d’églises

Mon âme est pleine de fleurs

Les enfants oublient leurs pleurs

A chanter parmi les brises.

Mon âme est pleine d’archanges

Mon âme est pleine d’essors

J’entends travailler les forts

Pour l’espoir d’un gain en change.

Mon âme est pleine de joie

Mon âme est pleine de dieux

Amour bande-moi les yeux

Pour me guider dans la voie

Casablanca ET SON MINARET

.

Je m’amuse

Devant moi, trois coquetiers

Dans les trois coquetiers

Trois œufs bien droits posés !

Photo de Monica Turlui sur Pexels.com

Celui-là est en bois :

Je n’y goûterai pas !

Mais il est doux contre ma joue.

Celui-là est ouvert….

Toc-toc-toc, c’est l’œuf coque

Que je mange à la petite cuiller

Celui-là est en chocolat :

C’est l’oeuf que je préfère

Je le garde pour mon dessert.

Tristes pensées de ceux qui partent

Il a vécu et il n’est plus.

Larmes fausses… vraies…pensées émues…

Chapitre clos. Testament lu.

Il a vécu.

Une vie durant…, fortune aidant

Il amassa amoureusement

Choses, objets choisis longuement

Une vie durant.

En sa demeure moult valeurs

S’harmonisait avec bonheur

Y pénétrer était honneur,

En sa demeure.

Devint féroce et pire qu’un gosse

Et comme chien défendant son os

Il soupçonna le temps, les gens

Devint féroce.

Son coeur saignait comme bafoué

En chaque objet, pour chaque trace

Pour chaque griffe, pour chaque casse

Son coeur saignait

Chapitre clos, chapitre ouvert

Ce fut un tremblement de terre

Car dès qu’il reposa sous terre

Chapitre ouvert.

Révolution dans la maison

Les choses perdent leur place et nom

L’inutile va au pilon

Révolution.

Durs traitement sont infligés

Aux objets qu’il a vénérés

Objets qu’on s’arrache pourtant

Durs traitements

Il a vécu et il n’est plus

Dans ses cauchemards a-t-il prévu ?

A-t-il tremblé ? et qu’a-t-il su?

Ou deviné ?

Aux quatre ventssont dispersées

Tant de valeurs accumulées

Pour être à nouveau adorées

Par inconnus aux quatres vents.

L’Oiseau, l’humain, Finalité

Toi qui dis : « Loiseau chante pour fêter le soleil… »

Toi qui dis :  » L’oiseau chante pour me charmer l’oreille… »

Ce qui te semble chant

Est pourtant un cri de guerre

Cri de propriétaire

Et avertissement.

Crois-tu que les espèces

jusqu’au profond des mers

s’entre-dévorent en liesse

Sans souffrance de chair ?

Immense sélection

Où tout se perpétue

qu’à travers ton lorgnon

Tu admires, tant et plus !

Gigantesque équilibre !

Il te remplit d’émoi….

Et quand ton être vibre

A voir autour de toi

Tous genres, grands et menus

Nés pour s’entre-bouffer

Homme, tu te sens l’élu

Pour qui tout ça est fait !

Soleil couchant

Pourquoi on aime regarder le soleil qui se couche ?

Sur un lac doré, derrière une montagne

Ou sur une plage déserte

Cette boule de feu plongeant doucement dans la mer lointaine.

Le soleil qui se lève, c’est l’expectation, le début

Mais les débuts sont vides, nous les comprenons

Les débuts sont là pour donner du sens au mot Fin

Nous sommes toujours fascinés par ce mot Fin

Même si ce ne sont que de faux Fins

Coimme la fin d’un voyage ou d’un film

On sait bien qu’à la fin d’un film, l’histoire continue après

Il faut juste l’écrire.

Le soleil qui se couche le soir

Nous ramène chaque fois vers cette fascination de la FIN

La fin de la journée ou la fin sans FIN ?

Regarder le soleil qui se couche nous aide à mieux comprendre

Que nous ne comprenons rien de la Fin,

Car à la FIN Il y a …. DIEU

Maintenant tu regrettes

Tu vois,

les jours sont passés

Quels beaux jours c’étaient !

Mais tu l’ignorait

Tu vois

Bien qu’à ta portée

Tu l’as laissé là

Car tu ne savais

Ce jour-là s’offrait

Fallait l’écouter

Et quas-tu fait ?

Tu restas muet

Et terne d’aspect

Comme tant de journées.

Tu vois.

Fallait l’inviter

Faillait le bercer

Et t’y réchauffer.

Tu vois

Fallait t’y lover

Et t’en imprégner

Il t’appartenait.

Tu vois.

Tu t’en est allé

Et trop tard tu sais

Qu’il t’ ensoleillait

Tu vois.

Le temps est passé

Et tu regrettes

Quels beaux jours c’étaient…

DESTIN

L’homme est né de la terre

à la terre s’en retourne

et redevient poussière

Ainsi les choses tournent.

Or, pour son plus grand bien

la nature a prévu

qu’avant de n’être plus

gris-poussière l’homme devint

.

Car si l’heureux destin

lui prête longue vie,

tout en l’homme devient gris

cheveu, poil, oeil et teint.

Ainsi, du grand passage

s’amoindrit le dommage

C’est douce préparation

qu’on la camoufle ou non

.

Et grisâtres mouvements

et grisâtres pensées

et grisâtres vêtements

déja l’ont imprégné

.

Dans cette brume uniforme

tous les vieux ont même forme

Comme antiques tapisseries

tournant toutes au même gris.

Ainsi, du grand passage

s’amoindrit le dommage

Angoisse Matinale

Angoisse

à hue et à dia

Réveil martyrisé

Pensées ombragées d’une mort qui me guette

Toujours

Je ne saurais espérer un demain

Immortalité du soleil

Araignée

Répétition d’une respiration éphémère

Le Coeur qui s’emballe

Torpeur

Ta présence maltraitée me soulage

Je te demande pardon.

Fleurs et Jardins

Parmi le vert et la floraison de toutes les plantes les plus belles

Je flâne.

Je délibère ici

Je rêve par là

L’heure s’arrête ou plutôt s’étend pleinement

Se déplier et s’amplifier.

Ces tournoiements et ondulations soudaines

De brises envoient tous les parfums dans l’air chaud

Contempler une feuille

Ou le motif sur le mur

Créés par des branches les plus près.

Ces têtes-là de fleurs dansantes

Exposent délicatement toute leur gloire.

Quelle simplicité à se perdre

Et quelle aisance à respirer doucement

Pas de peine à avoir des pensées profondes.