Déroute

C’est à force de me taire

Que je me parle à n’en finir

C’est à force d’en pâtir

Que je m’en gausse la première.

A quoi me sert de n’être poire ?

A quoi me sert froide raison ?

Je jette un caillou dans la mare

Et je vois s’agrandir les ronds.

Ce qui se défait se refait…

Et tout se meurt…et tout renaît

Et tout recommence à jamais…

Me voilà parlant sans arrêt !…

Mais c’est à force de parler

Que je me tais à n’en finir

Et c’est à force d’en pâtir

Que tantôt je m’en gausserai.

A quoi me sert de n’être qu’une poire ?

A quoi me sert ma froide raison

Jeter un caillou dans la mare

Et voir s’agrandir les ronds

Jamais plus de regrets

Je ne regarderais pas en arrière,

Surtout pas en avant

J’aime bien la surprise,

Le dorénavant.

Le Taj Mahal en Inde.

Je ne vais plus mourir

Le deuil c’est fini

Que du bonheur et charité,

Les yeux grands ouverts sur l’horizon.

Le Palmier vu d’en haut à Dubaï

Relâchements dans les os,

Voire globalement

Et dans le détail

Le vulgaire et le raffinement.

Le Sphinx en Egypte

De milliers de soupires

De rires et de sanglots

Me traversent en douceur,

Avec une âme en paix.

Le bisou du chameau au Maroc

Je me bats au ralenti

Je cris en silence

L’histoires des êtres humains ?

Je craches les sottises,

Les folies et les erreurs

Sans un moment d’hésitations.

Casablanca ET SON MINARET

Je chasse les complications

Et par la fenêtre

J’envoie tous les regrets

Au monde entier.

Voir et Comprendre

Si tu ne sais pas voir

Avec les yeux de l’âme

L’ami qui est loin de toi

Artiste dans son calme !

Si tu ne comprends pas

Quand il chante pour toi

Quand ‘il est loin de toi

l’artiste dans sa joie !

S’élève le vent et tombe la pluie

S’étire le temps à l’heure où j’écris.

Si tu ne sais aimer

Que ce qui est mangeable

Alors pour ton âge

Tu es déjà minable.

Si tu ne sais aimer

Que ce qui est permis

Alors pour tes vingt ans

Tu es déjà fini.

S’élève le vent et tombe la pluie

S’étire le temps à l’heure où j’écris.

Si tu ne sais chanter

Que ce que l’on fredonne

Alors de ta pensée

Jamais rien ne rayonne.

Mexico, place Garibaldi avec les Mariachis

Si tu ne sais chanter

Que ce qu’on t’a appris

Alors… cesse de gueuler

Tu as déjà tout dit

S’élève le vent et tombe la pluie

S’étire le temps à l’heure où j’écris.

Être vivant

Quand tes morts te sourient et que chante leur âme-oiseau

Quand ton soleil intérieur brille sur tes souvenirs d’enfance

Tu es encore vivant, quand à plein poumons

Tu respires l’air pur d’un poème ce sommet de l’être d’espérance.

Tu es encore vivant quand au réel déchainé

Tu offres la tendresse des mots et que pour le conjurer

Tu te pelotonnes dans le rêve

Tu encore vivant

Ballotages

Vide d’excès

Ivre d’absence

Je suis faite d’urgences

Ephémères sont mes joies

Mes peines, absolues.

Ballotée, je navigue

Aux confins d’une vie

Qui, jusqu’au dernier soupir

Follement sera vécue.

Au crépuscule, vaincue

L’aurore me bercera

Pour avancer l’esprit clair

Source sans frontières

Lueur, je scintille

Dans la haute nuit du sens

Où habiter en poète, dès l’aurore

Dans la chaleur de la terre

Sous le soleil et la mort.

Fatiguée

Fatiguée, je suis fatiguée

Des mauvaises nouvelles, de sons, de mots , de la télé

Comme pour me droguer, je me connecte sur internet

M’emmêler un instant dans mes filets.

C’est tout ce que je souhaite, me perdre sur l’écran

Pour retrouver un souvenir vivant

Autrefois, j’allais chercher dans le vide des églises

Dans le silence, sans sonneries, sans écrans.

La paix, le calme,

Aujourd’hui, je cherche en vain une cachette pour y déposer mes expériences fanées

De la pression, on me met de tous les côtés – il te faut enregistrer, écrire, filmer …

Hélas , je suis fatiguée, fatiguée

A mon Chat

Mon beau chat , avec des taches

Je te demande, dans ces vers

Quel secret dort dans tes yeux verts

Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu me lorgnes, pensant tout bas

Que mon front, que mes lèvres

Déteintes en folles fièvres

Que mes yeux creux ne valent pas.

Ton museau que ton nez termine

Rose comme un bouton de sein

Tes oreilles dont le dessin

Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?

Aurais-tu la clé de mes problèmes

Qui me font frissonnante et blême

Où passer l’hiver? ici il y a que l’été.

Devant la mort qui me menace

Mon chat, ton flair, plus subtil

Que mon savoir, te dit-il

Où va la beauté qui s’efface,

Où va la pensée, où s’en vont

Les défuntes splendeurs charnelles ?

Détourne tes prunelles

Mon chat

J’y trouve trop de noir au fond.

Quitter sa maison

Partir loin

Ne plus rester dans son coin

Quitter les fauteuils battus

Se découvrir à tout âge des vertus

Vouloir à juste titre se renouveler

Sans jamais se fourvoyer.

Quitter sa maison

Pour devenir aux yeux des autres une nomade

Sans jamais parler de dérobade

Juste au gré du vent

Se donner du temps.

Se faire bouffer par des moustiques ?

Pour simplement revenir à soi

Faire de ce niche à moustiques, son toit

.Quitter sa maison

Pour le soleil

Sans se soucier du lendemain, de la veille

Se souvenir de ses vingt ans

De ses premiers écris d’adolescente.

L’âge ou les possibilités qu’offrent l’imaginaire

Se substituent au réel du père

Se noyer dans l’encre de ses mots

Pour échouer sur un bateau

Ivre !

Je pense qu’il serait préférable d’abandonner

Je me pille

Je vais quitter maison et ville.

Le Réveil

Vieillir

Se lever un matin

Sans penser aux tristesses

qu’on aime presque bien

Marcher

Et ne plus voir la mer

Sans devenir les autres

Car on ne rêve plus

Sombrer

Dans le creux de l’oubli

Aux milles éclaboussures

Qu’on voit plus que soi-même

Partir

Comme partent les fées

Dans les contes maudits

Qui ne se lisent plus

Avant

C’était le vent

C’était le temps

Et maintenant

Voilà !!

Naître, Vieillir, mourir

Il suffit d’un seul instant pour fondre en larmes

Seule contre tous, j’abaisse doucement mes armes

Partir, vieillir, mourir, je suis fatiguée de vivre ainsi

Je n’ai plus de souvenir ici-bas, je n’ai plus d’envie.

Fatiguée de tout, je marche au bord d’un sentier sinueux

Passant mes doigts dans mes cheveux

Je m’accroupis sur le sol sableux et j’écris mon prénom

Mes doigts entrelacés, je me met à chanter une chanson.

Partir, vieillir, mourir

La vie me file entre mes mains.

Je veux quitter ce monde en emportant tout demain

Un fardeau pèse sur mes épaules depuis un certain temps

Plus de pleurs, plus de regrets, je veut partir vers le néant.

Partir, vieillir, mourir, je finirais mon existence

Sans être aimée… L’amour, le vrai serait une délivrance

Mes yeux desséchés d’avoir trop pleurés se ferment

Pourtant quelques larmes amères tombent sur mon épiderme.

Je ne veux pas partir, mourir sans connaître avant

Le mot « Je t’aime » avec à mes côtés, mon enfant et petits enfants

Ils seraient le confident de mes soirées

Prendre ensuite le chemin de la destinée, jusqu’à l’éternité.

Partir, vieillir ou être aimée, puis-je réfléchir ?

Oh, je vous en prie ! Laissez-moi timidement sourire

J’ai encore le temps pour les futilités… Je veux vivre

Je suis déjà vieille Hihi…

Après mourir…De la vie , j’n suis ivre.