Les méchants m’ont vanté leurs mensonges frivoles
Mais je n’aime que les paroles
De l’éternelle vérité
Remplie d’un feu qui m’inspire
Je consacre aujourd’hui ma Lyre
A la céleste Charité.

Que sert à mon esprit de percer les abîmes
Des mystères les plus sublimes
Et de lire dans l’avenir
Sans amour, ma science est vaine
Comme le songe, dont à peine
Il reste un léger souvenir.

Quand mes mains de tout mon héritage
Aux pauvres feraient le partage
Libre d’ambition, simple et sans artifices
Autant que je hais l’injustice
Autant la Vérité me plait
La tromperie me déplait.
.

Que peut la Colère farouche
Sur un coeur, que jamais ne touche
Le soin de son propre intérêt ?

L’amour sur tous les Dons l’emporte avec justice
De notre céleste édifice
La Foi vive est le fondement
La sainte Espérance l’élève
L’ardente Charité l’achève
Et l’assure éternellement.

Quand pourrai-je t’offrir, ô charité suprême
Au sein de la lumière même
Le cantique de mes soupirs
Et toujours brûlante pour ta gloire
Toujours puiser, et toujours boire
Dans la source des vrais plaisirs.
