Fatiguée

Fatiguée, je suis fatiguée

Des mauvaises nouvelles, de sons, de mots , de la télé

Comme pour me droguer, je me connecte sur internet

M’emmêler un instant dans mes filets.

C’est tout ce que je souhaite, me perdre sur l’écran

Pour retrouver un souvenir vivant

Autrefois, j’allais chercher dans le vide des églises

Dans le silence, sans sonneries, sans écrans.

La paix, le calme,

Aujourd’hui, je cherche en vain une cachette pour y déposer mes expériences fanées

De la pression, on me met de tous les côtés – il te faut enregistrer, écrire, filmer …

Hélas , je suis fatiguée, fatiguée

A mon Chat

Mon beau chat , avec des taches

Je te demande, dans ces vers

Quel secret dort dans tes yeux verts

Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu me lorgnes, pensant tout bas

Que mon front, que mes lèvres

Déteintes en folles fièvres

Que mes yeux creux ne valent pas.

Ton museau que ton nez termine

Rose comme un bouton de sein

Tes oreilles dont le dessin

Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?

Aurais-tu la clé de mes problèmes

Qui me font frissonnante et blême

Où passer l’hiver? ici il y a que l’été.

Devant la mort qui me menace

Mon chat, ton flair, plus subtil

Que mon savoir, te dit-il

Où va la beauté qui s’efface,

Où va la pensée, où s’en vont

Les défuntes splendeurs charnelles ?

Détourne tes prunelles

Mon chat

J’y trouve trop de noir au fond.

Quitter sa maison

Partir loin

Ne plus rester dans son coin

Quitter les fauteuils battus

Se découvrir à tout âge des vertus

Vouloir à juste titre se renouveler

Sans jamais se fourvoyer.

Quitter sa maison

Pour devenir aux yeux des autres une nomade

Sans jamais parler de dérobade

Juste au gré du vent

Se donner du temps.

Se faire bouffer par des moustiques ?

Pour simplement revenir à soi

Faire de ce niche à moustiques, son toit

.Quitter sa maison

Pour le soleil

Sans se soucier du lendemain, de la veille

Se souvenir de ses vingt ans

De ses premiers écris d’adolescente.

L’âge ou les possibilités qu’offrent l’imaginaire

Se substituent au réel du père

Se noyer dans l’encre de ses mots

Pour échouer sur un bateau

Ivre !

Je pense qu’il serait préférable d’abandonner

Je me pille

Je vais quitter maison et ville.

Le Réveil

Vieillir

Se lever un matin

Sans penser aux tristesses

qu’on aime presque bien

Marcher

Et ne plus voir la mer

Sans devenir les autres

Car on ne rêve plus

Sombrer

Dans le creux de l’oubli

Aux milles éclaboussures

Qu’on voit plus que soi-même

Partir

Comme partent les fées

Dans les contes maudits

Qui ne se lisent plus

Avant

C’était le vent

C’était le temps

Et maintenant

Voilà !!

Naître, Vieillir, mourir

Il suffit d’un seul instant pour fondre en larmes

Seule contre tous, j’abaisse doucement mes armes

Partir, vieillir, mourir, je suis fatiguée de vivre ainsi

Je n’ai plus de souvenir ici-bas, je n’ai plus d’envie.

Fatiguée de tout, je marche au bord d’un sentier sinueux

Passant mes doigts dans mes cheveux

Je m’accroupis sur le sol sableux et j’écris mon prénom

Mes doigts entrelacés, je me met à chanter une chanson.

Partir, vieillir, mourir

La vie me file entre mes mains.

Je veux quitter ce monde en emportant tout demain

Un fardeau pèse sur mes épaules depuis un certain temps

Plus de pleurs, plus de regrets, je veut partir vers le néant.

Partir, vieillir, mourir, je finirais mon existence

Sans être aimée… L’amour, le vrai serait une délivrance

Mes yeux desséchés d’avoir trop pleurés se ferment

Pourtant quelques larmes amères tombent sur mon épiderme.

Je ne veux pas partir, mourir sans connaître avant

Le mot « Je t’aime » avec à mes côtés, mon enfant et petits enfants

Ils seraient le confident de mes soirées

Prendre ensuite le chemin de la destinée, jusqu’à l’éternité.

Partir, vieillir ou être aimée, puis-je réfléchir ?

Oh, je vous en prie ! Laissez-moi timidement sourire

J’ai encore le temps pour les futilités… Je veux vivre

Je suis déjà vieille Hihi…

Après mourir…De la vie , j’n suis ivre.

Ma Consolation

Quand le Dieu juste, attendri par mes larmes

De mon cœur oppressé soulève un peu sa main

Et, donnant quelque trêve à mes longues alarmes

Laisse tarir mes yeux et respirer mon sein.

Mon cœur revient à Dieu, plus docile et plus tendre

Et de ses châtiments perdant le souvenir

Comme un enfant soumis n’ose lui faire entendre

Qu’un murmure amoureux pour se plaindre et bénir !

Poème de Paul Verlaine

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l’heure

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure

Et je m’en vais

Au vent mauvais

Qui m’emporte

Deçà, delà

pareil à la

Feuille morte.

Qu’il est beau ce poème !

J’ai épuisé ma plume

Jusqu’au bout de moi

Jusqu’à plus rien

La gorge pleine de roches

Ma voix s’étrangle

Mes mains deviennent muettes

Je m’égare dans mes silences

J’erre dans des ailleurs

Habite des espaces

Qui ne m’appartiennent pas

J’incarne des chairs inconnues

Respire une autre vie

Me perds dans de nouveaux visages

Je meurs et part une fois de plus

Espoir et Crainte

Il n’y a pas d’espoir sans crainte

Sans inquiétude en souterrain

La crainte rend la joie prudente

Et l’espoir vibre en attendant.

Désire–t-on changer les dates

Accélérer les agendas

Il n’y a pas d’espoir sans crainte

Sans inquiétude en souterrain.

Dans l’espérance on sent le doute

Moins violent qu’elle, et même doux

Que l’avenir parle sans cris

Ou langue neuve et non écrite

Il n’y a pas d’espoir sans crainte.

L’espoir se lève au fond des craintes

Il atténue plainte et chagrin

Rend l’affliction moins imprudente

Chez qui se croit perdu perdant.

Il attend le report des dates

Qui nous soucient dans l’agenda

L’espoir se lève au fond des craintes

Il atténue plainte et chagrin.

Dans la tristesse on voit le doute

Recommander qu’un ton plus doux

S’exprime en mots non pas en cris

La fin n’est pas d’avance écrite

L’espoir se lève au fond des craintes

La Pluie et sa douce musique

Sous la musique de la pluie

La rime coule de source

S’égoutte mot à mot

Dans la bouche du poème.

Nous y buvons le verbe

Dans le calice du jour

Nous y noyons nos larmes

Dans les draps de la nuit.

Nous avons pour la pluie

Cette douce tendresse

Qui nous berce

Depuis l’enfance.

Nous avons pour la pluie

Ces regrets de l’ombre

Qui déjà nous ramènent

Au bord de nous-mêmes.

Petit bonheur

Et si un jour, je savais

Te retenir près de moi

Et, si un jour, je pouvais

Te serrer tout contre moi.

Toi, petit bonheur.

Un jour, je te raconte

Viens, viens à côté de moi

Un jour, pour que je chante

Un refrain, rien que pour toi

Pour toi, petit bonheur.

En un instant tu es là

Tout près de moi

Puis un jour, tu es là-bas,

Je veux être avec toi

Toi, mon petit bonheur.

Je demande Pouce !

Entre le Temps et moi

Un pacte,

Avant l’incendie de l’âme

Qu’aucune heure n’éteindra celui de s’aimer

Malgré la trahison des rides à la cène de l’insouciance

Malgré la proximité de la mort, sa présence aride

Si perceptible sur mon corps

Je demande au Temps : Pouce !

Afin de vivre encore des jours heureux.