Un mot, un regard, une larme.

Un mot, un regard, une larme,

Un geste, un soupir me désarme,

Mais ma fierté reste debout,

Et quand on  s’obstine sans terme

Et que dans ses torts on est ferme,

Je n’ai plus à céder du tout.

 

Je puis comme un autre sans crainte

Mettre à couvert ma dignité;

Je ne descends pas à la plainte,

Mais je méprise aussi la feinte

Et supprime l’intimité.

 

Mon coeur est rempli de faiblesse

Mais ne sait pas être importun ;

Si quelqu’un l’offense et le blesse,

Il se ferme, se tait et laisse

Agir à son aise chacun.

 

Jamais, sitôt qu’on le soupçonne,

Jamais il ne retient personne,

Et ne plaide pour son honneur.

Qui de lui pense mal ou doute

Est libre ; mais coûte que coûte,

Ne compte plus dans son bonheur.

 

 

L’Âme

 

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Notre âme est un soleil qui resplendit en nous.

Flamboyante inconnue, à travers la prunelle

Elle darde l’éclat des feux qui sont en elle

Vous éblouit, vous trouble en se fixant sur vous.

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Elle éclot nos pensées et les parfume tous,

Et mûrit dans nos coeurs, lumière solennelle,

Atome détaché de la flamme éternelle,

Les plus belles moissons et les fruits les plus doux.

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Les nuages des sens parfois la  découronnent,

Les brumeuses vapeurs du doute l’environnent,

Mais elle est toujours là sous ce brouillard humain.

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Et lorsqu’à l’horizon de la vie elle tombe,

Large et pâle au couchant, dans la nuit de la tombe,

C’est pour y préparer son brillant lendemain !

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Le Présent s’embellit du Passé

DSCN6780Quand je me dis le soir sous mon toit solitaire,

J’ai fait ce jour encor le bien que j’ai pu faire

Mon coeur s’épanouit, j’éprouve en un tel instant

Une céleste joie, un saint ravissement.

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Et ce plaisir divin souvent se renouvelle;

Le temps n’en  détruit pas le souvenir fidèle,

On en jouit toujours; et dans l’âge avancé,

Le présent  s’embellit des vertus du passé.

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Du temps, vous le voyez, j’ai senti les outrages ;

Déjà mes yeux éteints sont chargés de nuages ;

Mon corps est affaissé sous le fardeau des ans :

Mais, sans glacer mon coeur, l’âge affaiblit mes sens .

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J’embrasse avec ardeur les plaisirs qu’il me laisse

De coeurs contents de moi j’entoure ma vieillesse ;

Je m’occupe, je pense, et j’ai pour volupté

Ce charme que le ciel attache à la bonté

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Jeanne22

 

Partir

 

 

Ce soir j’ai envie de partir

Ce soir, j’ai envie de m’endormir

Demain ce sera déjà fini

Mais je ne me serais pas enfui

J’aurai seulement trahit

Toutes ces promesses à mes amis

 

Ne me haïssez pas je vous en prie

Laissez moi partir je vous en  supplie

Il vaut mieux que je m’en aille

Car je suis lasse de cette bataille

Contre cette vie que je n’aime pas

Contre ce monde dont je ne suis pas

 

Ce soir j’ai envie de partir

Ce soir j’ai envie de m’endormir

Ce soir j’ai envie de mourir

Demain je ne pourrai plus sourire

 

 

 

Hymne à l’Amitié

Amour ! Amour ! cruel vainqueur

Fuis, puisqu’il faut que je te craigne

Alors ne règne plus sur un coeur

Qu’on  méprise et que l’on dédaigne

C’est bien assez de m’enlever

L’espoir de plaire et de séduire

Ah ! permets-moi de n’éprouver

Que les sentiments que j’inspire.

C_oZusa01aTIcl-LX9Km8fLjFOM@350x85Tendre amitié, présent des cieux

Viens rendre la paix à mon âme

L’amour m’embrasa de ses feux

Reviens m’éclairer de ta flamme ;

L’amour fait payer ses faveurs

Plus douce, sans être tendre

Tu viens pour essuyer nos pleurs

Et l’amour nous en fait répandre.

C_oZusa01aTIcl-LX9Km8fLjFOM@350x85Tes feux sont plus purs que les siens

C’est pour blesser  qu’amour caresse

A tous les âges tu conviens

L’amour ne sied qu’à la jeunesse

Par le temps il est affaibli

En un jour il est infidèle

Tandis que plus elle a vieilli

Plus l’amitié paraît nouvelle.

C_oZusa01aTIcl-LX9Km8fLjFOM@350x85L’amitié vit sous un ciel pur

Que troublent de légers nuages

Et l’amour sous un ciel obscur

Désolé par de longs orages

L’une a pour but notre bonheur

Pour régner l’autre veut séduire

L’une est la sagesse du coeur

L’autre n’en est que le délire.

C_oZusa01aTIcl-LX9Km8fLjFOM@350x85Lorsque l’amour nous a soumis

Bien souvent sa chaine nous blesse

On peut chérir quelques amis

Il faut n’aimer qu’une maîtresse

Servants d’amour peuvent changer

Ceux de l’amitié sont fidèles

Et ce n’est que pour obliger

Qu’à l’amour ils volent les ailes.

C_oZusa01aTIcl-LX9Km8fLjFOM@350x85Mais l’Amour a pourtant du bon

Tendre Amitié, je t’en supplie,

Conserve sous un autre nom

Ton feu, ta brûlante énergie

Embrase, électrise mon coeur

Et que l’objet qui m’a su plaire

Sensible aux charmes de la soeur

La prenne souvent pour mère !